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Lulu Chef / Prêtresse de la Tribu de Taranis


Nombre de messages: 178 Age: 18 Age du Perso: 35 ans Date d'inscription: 13/09/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Sam 28 Avr - 19:03 | |
| Lulu resta silencieuse. Les choses se déroulaient assez bien à son goût. Chaque croyance avait exécuté son rituel, le repas avait commencé dans la bonne humeur et chacun mangeait et buvait en riant et discutant. Les deux derniers arrivants, bien qu'étant ravis d'être ici, semblaient encore perdus et restaient à discuter dans leur coin. Lulu fit un signe de tête à son prêtre pour lui demander si tout allait bien, requête à laquelle il répondit sans plus attendre. Le champion, quand à lui, semblait plongé dans une cuisse de poulet encore frétillante. Les odeurs aussi diverses que variés, alléchaient les bouches de chacun, et Lulu tomba vite d'accord sur un tranche de boeuf bien rouge. Taranis avait besoin de sang, cela se sentait. Ses guerriers n'avaient pas combattu depuis trop longtemps. De ses dents elle arracha un morceau de viande...un délice. Celle-ci lui fondait sous la dent comme cette espèce de poudre blanche qui tombait lorsque venait la saison hivernale.
Un barde vint à eux et leur conta l'histoire de Pwyll, un vaillant guerrier qui aida le seigneur de l'autre monde ... Mais au lieu de résumer, pourquoi ne pas écouter ce barde de grand talent :Ecoutez donc, s'il vous sied, l'histoire de Pwyll, prince d'Annwfn. Aux jours où la rosée de la création était encore fraîche, Pwyll était seigneur des sept cantrefs de Dyved, sept cantrefs de Gwynedd et autant de Lloegr. À Caer Narbeth, sa forteresse principale, il s'éveilla un matin et, contemplant les collines sauvages où abondait le gibier, il lui prit l'envie de rassembler ses hommes pour aller chasser. Or, la partie de son royaume où Pwyll désirait chasser était Glyn Cuch et il se mit aussitôt en chemin avec une grande compagnie d'hommes. Ils chevauchèrent jusqu'au crépuscule, arrivant juste au moment où le soleil glissait dans la mer du Couchant pour commencer son voyage dans l'Autre Monde. Ils dressèrent un camp et dormirent, puis, le lendemain, ils se levèrent à l'aube et s'enfoncèrent dans les bois de Glyn Cuch, où ils détachèrent les chiens. Pwyll sonna du cor pour donner le signal de la chasse et, étant le plus rapide cavalier, s'élança derrière les chiens. Tout à l'excitation de la chasse, il ne tarda pas à distancer ses compagnons dans les bois touffus. Tandis qu'il écoutait les aboiements de ses chiens, il entendit une autre meute qui venait à sa rencontre, poussant des aboiements fort différents de sa propre meute, portés par le vent tels des frissons glacés. Il chevaucha de jusqu'à une clairière pour se retrouver dans un vaste terrain plat et vit ses chiens tapis, tous tremblants, à l'orée de la clairière tandis que l'autre meute pourchassait un magnifique cerf. Et voilà que, alors qu'il regardait, les chiens étrangers rattrapèrent le cerf et le firent tomber à terre. Il s'avança et vit la couleur des chiens, et de tous les chiens du monde, il n'en avait jamais vu de pareils : le pelage de leur robe était d'un blanc brillant et lustré et celui de leurs oreilles était rouge. Et le rouge de leurs oreilles brillait avec autant d'éclat que le blanc de leur corps. Pwyll s'avança alors vers les chiens au pelage flamboyant et les dispersa, avant de lancer sa propre meute sur le cerf qu'ils avaient tué. Alors qu'il nourrissait ses chiens, un cavalier apparut devant lui sur un grand cheval gris pommelé, un cor pendu autour du cou et vêtu d'un habit de chasse gris pâle. Le cavalier s'approcha de lui et lui dit : "Seigneur, je sais qui tu es, mais je ne te salue pas. - Oui, dit Pwyll , tu es peut-être d’un rang qui t'en dispense. - Lleu sait ! s'exclama le cavalier. Ce ne sont pas ma dignité ou les obligation de mon rang qui m'en préviennent. - Quoi d'autre, seigneur ? dis-le moi si tu le peux. - Je le peux et je le veut, répliqua sévèrement le cavalier. Par les dieux du ciel et de la terre, ce sont ton manque d'éducation et ton impolitesse ! - Quelle impolitesse me reproches-tu, seigneur ? s'enquit Pwyll , car en vérité il ne le voyait pas. - Je n'ai jamais vu de plus grande impolitesse, répondit le cavalier , que de chasser la meute qui a tué un cerf pour donner la curée à sa propre meute. Honte sur toi ! Cela dénote la plus déplorable manque de courtoisie. Même ainsi, je ne chercherai pas à tirer vengeance de toi - bien que je sois en droit de le faire - mais je demanderais à un barde de te ridiculiser pour la valeur de cent cerfs. - Seigneur, plaida Pwyll , si je t'ai fait du tort, je paierai céans qu'il faudra pour faire la paix avec toi. - De quelle manière ? - Ce sera selon ce qu'exige ton rang, quel qu'il soit. - Sache alors qui je suis. Je suis roi couronné du pays d'où je viens. - Puisse le jour t'être propice ! De quel pays s'agit-il donc, seigneur ? demanda Pwyll. Car je suis moi-même roi de toutes les terres qui nous entourent. - Il s'agit de l'Annwfn, répondit le cavalier. Je suis Arawn, roi d'Annwfn."Pwyll réfléchit, car cela portait malheur de converser avec un être de l’Autre Monde, roi ou autre. Mais puisqu’il s’était déjà engagé à payer le prix de l’amitié avec le cavalier, il n’avait d’autre solution que de tenir parole, s’il ne voulait pas attirer sur son nom malheur et encore plus grand déshonneur. « Dis-moi donc, Ô roi, si tu le veux bien, comment puis-je racheter notre amitié. Et je le ferai avec joie. - Ecoute donc, seigneur, voici comment tu vas la racheter, commença le cavalier. Un homme dont le royaume jouxte le mien me livre une guerre continuelle. C’est Grudlwyn Gorr, un seigneur d’Annwfn, et en me débarrassant de ses attaques - ce que tu peux faire très facilement - tu obtiendras la paix avec moi, ainsi que tes descendants après toi. »Alors le roi prononça d’antiques et mystérieuses paroles, et l’aspect de Pwyll devint celui du roi, de sorte que personne n’aurait pu les distinguer l’un de l’autre. « Tu vois ? dit le roi. Tu as maintenant ma forme et mon apparence. À présent, rends-toi dans mon royaume et prends ma place pour gouverner à ta guise jusqu’à ce qu’une année soit écoulée. Alors nous nous retrouverons en ce même endroit. - Comme il te plaira, seigneur, mais si je règne à ta place pendant un an, comment trouverai-je l’homme dont tu as parlé ? - Grudlwyn Gorr et moi sommes liés par un serment de nous rencontrer dans un an à compter de ce soir au gué qui sépare nos royaumes. Tu iras à ma place et, si tu ne lui portes qu’un seul coup, il n’y survivra pas. Mais, même s’il te supplie de frapper à nouveau, n’en fait rien… quels que puissent être ses arguments. Car je l’ai souvent combattu et lui ai porté de nombreux coups mortels ; et pourtant il est toujours là, frais et dispos, le lendemain matin. - D’accord, dit Pwyll. Je ferais comme tu dis. Mais qu’adviendra-t-il de mon royaume pendant mon absence ? »Alors le roi de l’Autre Monde prononça d’autres paroles antiques et mystérieuses et sa forme se changea en celle de Pwyll. « Tu vois ? Personne, homme ou femme, ne saura que je ne suis pas toi, dit Arawn. Je prendrai ta place comme tu prendras la mienne. »Et donc ils se mirent tous deux en chemin. Pwyll chevaucha jusqu’au cœur du royaume et finit par arriver à la cour d’Arawn. Tous les bâtiments en étaient les plus beaux qu’il eût jamais vu. Des serviteurs le saluèrent et l’aidèrent à ôter sa tenue de chasse, puis ils le vêtirent des soieries les plus fines et le conduisirent dans une grande salle où il vit entrer une grande compagnie de guerriers… la plus splendide et la mieux équipée qu’il eût jamais vue. Et la reine était avec eux, la plus belle femme sur laquelle on eût jamais levé les yeux, vêtue d’une robe d’or scintillant, sa chevelure miroitant comme le soleil d’été sur un champ de froment. La reine prit sa place à sa droite et ils se mirent à converser. Pwyll la trouva la plus noble, la plus attentive et la plus aimable des compagnies. Son cœur fondit pour elle et il souhaita de toute son âme avoir une reine moitié aussi noble. La soirée se passa en plaisantes conversations et nourritures délicieuses, de chansons et de divertissements de toutes sortes. Quand fut venue l’heure de dormir, ils allèrent se coucher, la reine et lui. Mais dès qu’ils furent tous deux au lit, Pwyll lui tourna le dos et s’endormit face au mur. Il en fut ainsi chaque nuit, à compter de ce jours jusqu’à la fin de l’année. Le lendemain, ils se montraient pleins de tendresse et d’affection l’un pour l’autre. Mais, peut importe combien pouvaient être affectueuses et amoureuses leurs paroles dans la journée, il n’y avait pas une seule nuit qui ne différât de la première. Pwyll passa l’année à festoyer, chasser et gouverner équitablement le royaume d’Arawn, jusqu’au soir de la rencontre prévue avec Grudlwyn Gorr… un soir qu’attendaient jusqu’aux habitants de la province la plus reculée du royaume. Il se rendit sur le lieu de la rencontre, accompagné de nobles du royaume. À l’instant même où ils arrivaient au gué, un cavalier se leva et cria d’une voix forte : « Guerriers, écoutez bien ! Cette rencontre oppose les deux rois, et eux seulement. Chacun d’entre eux revendique les terres de l’autre. En conséquence, laissons-les combattre sans intervenir »Les deux rois s’élancèrent vers le milieu du gué pour s’affronter. Pwyll frappa de sa lance son adversaire au milieu de la bosse de son bouclier, qui se fendit en deux, et Grudlwyn Gorr tomba derrière la croupe de son cheval à une distance égale à la longueur de son bras et de sa lance, une profonde blessure à la poitrine. « Seigneur, s’écria Grudlwyn Gorr, je ne vois pas la raison pour laquelle tu voulais m’occire. Mais puisque tu as commencé, pour l’amour de Lleu, achève-moi ! - Seigneur, répondit Pwyll, je regrette soudain ce que je viens de te faire. Trouve un autre pour t’achever, moi je ne le ferais pas. - Mes fidèles compagnons, s’écria Grudlwyn Gorr, emportez-moi d’ici. Ma dernière heure est arrivée et je ne suis plus en état de vous défendre. »L’homme qui avait pris la place d’Arawn se tourna vers la noble assemblée et dit : « Mes fidèles guerriers, consultez-vous et voyez qui doit me prêter allégeance. - Noble roi, répondirent les seigneurs, tous le doivent, car il n’y a nul autre roi que toi sur tout l’Annwfn. »Puis il reçut l’hommage de tous les guerriers présents et prit possession des terres contestées. Le lendemain midi, les deux royaumes étaient en son pouvoir et il se mit en route pour retrouver Arawn à l’endroit convenu. En arrivant à Glyn Cuch, il trouva Arawn roi d’Annwfn qui l’attendait. Et ils se réjouirent l’un et l’autre de se voir. « Puissent les dieux récompenser ton amitié envers moi, dit Arawn. J’ai appris ta victoire. - Oui, répondit Pwyll, quand tu retrouveras tes domaines, tu verras ce que j’ai fait pour toi. - Ecoute- moi donc, dit Arawn. En gage de gratitude, tout ce que tu auras pu désirer dans mon royaume sera tien. »Arawn prononça alors encore une fois les antiques et mystérieuses paroles, et chacun reprit sa propre apparence et chacun retourna dans son propre royaume. Quand Arawn arriva à sa cour, il conçut un grand plaisir de revoir sa suite, son armée et sa reine, car il ne les avait pas vus depuis un an. Mais pour leur part, ils ne s’étaient pas aperçus de son absence, si bien qu’ils ne virent rien d’extraordinaire à sa présence. _________________ ~ Aussi noire que soit la nuit, l'aube lui succède toujours ~ |
|  | | Lulu Chef / Prêtresse de la Tribu de Taranis


Nombre de messages: 178 Age: 18 Age du Perso: 35 ans Date d'inscription: 13/09/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Sam 28 Avr - 19:04 | |
| [désolé du double post, mais l'histoire est trop longue pour un seul message ^^] Il passa cette journée dans la joie et la gaieté, conversant avec son épouse et ses seigneurs. Puis, après le dîner et les divertissements de la soirée, ils allèrent se coucher. Arawn se mit au lit, et sa femme avec lui. D’abord il lui parla, puis il la caressa affectueusement et lui fit l’amour. Elle ne s’était plus habituée à cela depuis un an et elle se dit : « Sur ma foi ! Quelle humeur bien différente de celle dont il a fait montre toute l’année écoulée ! »Elle y songea longuement, et elle y songeait encore quand Arawn s’éveilla et lui adressa la parole. Comme elle ne lui répondait pas, il lui parla encore, et une troisième fois, disant : « Femme, pourquoi ne me parles-tu pas ? - Pour dire la vérité, répondit-elle, je n’ai pas palé autant depuis un an en ces circonstances ! - Ma dame, dit-il, je crois que nous n’avons cessé de parler. - Honte sur moi, répondit la reine, si dès la moment où nous entrions dans les draps, il y a eu entre nous plaisir ou conversation, ou même si tu t’es tourné vers moi - encore moins davantage que cela ! - de toute l’année passée ! »« Dieux du ciel et de la terre, songea Arawn, quel homme unique je me suis trouvé pour ami. Une si forte et indéfectible amitié doit être récompensée. » Et il expliqua à sa femme ce qui s’était passé, lui narrant toute l’aventure. « Je le confesse, dit-elle quand il eut terminé, pour ce qui est de combattre la tentation et de te rester fidèle, tu t’es trouvé là un solide allié. »Pendant ce temps-là, Pwyll était arrivé dans son royaume. Il commença par demander à ses nobles comment s’étaient passées les choses durant l’année écoulée. « Seigneur et roi, dirent-ils, ton discernement n’a jamais été meilleur et tu n’as jamais été aussi aimable, ni aussi prêt à dépenser ton revenu pour le bien de ton peuple. En vérité, ta façon de gouverner n’a jamais été meilleure que l’année qui vient de passer. Par conséquent, nous te remercions de tout cœur. - Oh, ne me remerciez pas, répliqua Pwyll. Remerciez plutôt l’homme qui a accompli ces choses à ma place. » Il vit leur mines stupéfaites et il leur raconta toute l’histoire, concluant : « Et voici toute l’histoire telle qu’elle s’est passée. »Et ainsi, parce qu’il avait vécu toute une année dans l’Autre Monde, qu’il y avait régné avec autant de succès et avait réuni les deux royaumes par la vertu de son courage et de sa valeur, il fut désormais appelé Pwyll Pen Annwfn, ce qui signifie Pwyll Tête de l’Autre Monde. Or, bien que ce fût un roi jeune et avenant, il n’avait pas d’épouse. Il se rappelait la belle dame qui avait été sa reine dans l’Autre Monde et, languissant, faisait de longues promenades dans les collines solitaires des environs de sa cour. Un soir, au crépuscule, il se tenait au sommet d’un tertre, promenant le regard sur ses domaines, quand un homme lui apparut et dit : « La vertu particulière de ce lieu est que quiconque s’y assoit ne s’en ira pas sans recevoir une grave blessure dont il mourra, ou bien sans assister à un prodige. - Seigneur, dans l’état qui est le mien, je me soucie peu de vivre ou de mourir, mais cela pourrait me réjouir l’âme d’assister à un prodige. Je vais donc m’asseoir sur ce tertre, et advienne que pourra. »Pwyll s’assit et l’homme disparut. Alors il vit une femme qui montait un magnifique cheval blanc, aussi pâle que la lune quand elle se lève sur les moissons. La femme était vêtue de lin blanc et de soieries d’or scintillant, et son cheval avançait d’un pas lent et régulier. Il descendit du tertre pour aller à sa rencontre, mais quand il parvint à la route qui passait au pied de la colline, elle était déjà loin. Il la poursuivit à pied le plus vite qu’il put, mais plus il avançait, plus elle s’éloignait. Il finit par renoncer, le cœur lourd, et regagna son caer. Mais il pensa à cette femme toute la nuit et il se dit : « Demain soir, je retournerai m’asseoir sur le tertre et j’aurai avec moi le cheval le plus rapide de mon royaume. » Il fit comme il avait décidé et, alors qu’il était assis sur le tertre, il vit la femme qui approchait. Pwyll sauta en selle et éperonna son cheval. Mais bien que la femme menât sa puissante monture à un pas lent et majestueux, lorsque Pwyll parvint au pied de la colline, elle était déjà loin. Le cheval du roi s’élança à sa suite et, bien qu’il filât comme le vent, cela ne lui fut d’aucun secours. Car, plus vite Pwyll chevauchait, plus la distance qui la séparait d’elle s’accroissait. Pwyll s’étonna de la chose et dit : « Par Lleu, il ne sert à rien de suivre cette dame. Je ne connais pas de cheval plus rapide dans tout le royaume, et pourtant, je ne suis pas plus près qu’au début de la poursuite. Il doit y avoir là quelques mystères. » Et son cœur s’emplit d’une telle détresse qu’il s’écria d’un ton douloureux : « Jeune fille, pour l’amour de celui que tu aimes le plus au monde, attends-moi ! »Aussitôt la cavalière fit halte et se tourna vers lui, écartant le voile de soie qui lui couvrait le visage. Et c’était la plus belle mortelle qu’il eût jamais contemplée, plus belle qu’un printemps fleuri, que la première neige d’hiver, que le ciel de l’été, que l’or de l’automne. « Je t’attendrai avec joie, dit-elle, et il aurait été préférable pour ton cheval que tu me l’aies demandé il y a longtemps. - Gente dame, dit respectueusement Pwyll, d’où viens-tu ? Et dis-moi, si tu le peux, la nature de ton voyage. - Seigneur, répondit-elle de la manière la plus noble, je voyage pour mes affaires et je suis heureuse de te voir. - Sois donc la bienvenue, dit Pwyll, songeant que la beauté de toutes les dames et de toutes les jeunes filles qu’il avait jamais vues n’étaient que laideur en comparaison de sa beauté. Puis-je, je te prie, te demander quelles sont ces affaires ? » « Tu peux me le demander. Ma principale affaire était de chercher à te voir. »Le cœur de Pwyll bondit dans sa poitrine. « C’est là une affaire qui me réjouit. Mais peux-tu me dire qui tu es ? - Je le peux et je le veux, dit-elle. Je suis Rhiannon, fille de Hyfiadd Hen, et on veut me donner à un homme contre ma volonté. Car je n’avais jamais désiré aucun homme avant de te rencontrer. Et à moins que tu ne veuilles pas de moi, je n’en aimerai jamais aucun autre »Pwyll ne pouvait en croire ses oreilles. « Belle créature, dit-il, si je pouvais choisir entre toutes les femmes de ce monde ou d’un autre, c’est toujours toi que je choisirais. »La jeune fille sourit et ses yeux brillèrent d’un tel bonheur que Pwyll crut que son cœur allait éclater. « Eh bien, si c’est là ta réponse, convenons d’un rendez-vous avant que l’on me donne à cet autre homme. - Je te promettrai tout ce que tu voudras, dit Pwyll, et le plus tôt sera le mieux. - Très bien, seigneur. Viens à la cour de mon père où doit se tenir un festin, et tu pourras y demander ma main. - J’y serais », promit-il, puis il regagna sa cour où il rassembla ses guerriers, et ensemble ils se mirent en route pour la cour d’Hyfiadd Hen où ils arrivèrent à la tombée de la nuit. Pwyll salua Rhiannon et son père, disant : « Seigneur, que ceci soit un festin de noces, car en tant que roi de ce royaume, je demande ta fille pour épouse si elle veut de moi. »Hyfiadd Hen fronça les sourcils, mais il dit : « Très bien, qu’il en soit ainsi. Je mets cette cour à ta disposition. - Que le festin commence », dit Pwyll, et il s’installa auprès de Rhiannon. Mais ils n’étaient pas plus tôt assis que s’éleva un tumulte au dehors et un homme de haute stature, d’allure noble et richement vêtu, entra dans la salle. Il vint droit à Pwyll et le salua. « Sois le bienvenue, ami, trouve une place où t’asseoir, dit Pwyll. - Je ne puis, répondit l’homme. Je viens présenter une requête et je dois d’abord m’en acquitter. - Mieux vaut donc le faire sans tarder. - Seigneur, c’est avec toi que j’ai affaire. C’est pour te voir que je suis venu. - Présente donc ta requête et, si la chose est en mon pouvoir, je t’accorderais volontiers ce que tu demanderas, car c’est pour moi jour de fête. - Non ! s’écria Rhiannon. Oh, pourquoi as-tu prononcé ces mots ? - Il les a prononcés, et en présence de toute la cour, dit l’étranger. Il est tenu par l’honneur de m’accorder ce que je demande. - Ami, si ami tu es, présente moi ta requête, dit Pwyll, le cœur lourd. - Seigneur, tu devais dormir cette nuit avec la femme que j’aime le plus au monde. Je la demande pour épouse, et que ce festin soit mon festin de noces ! »Pwyll demeura silencieux. Il n’y avait aucune réponse qu’il puisse faire qui ne lui brisât le cœur. « Garde le silence autant que tu voudras, seigneur, s’emporta Rhiannon, il n’y a qu’une réponse à donner. - Gente dame, dit piteusement Pwyll, je ne savais pas qui il était. - C’est l’homme auquel on voulait me donner contre ma volonté. Son nom est Gwawl fils de Clud, et maintenant tu dois honorer ta parole, si tu ne veux pas qu’il t’advienne les pires malheurs. - Comment puis-je honorer ma parole, si j’en meurs ? - Il y a peut être un moyen, dit-elle, et elle se pencha pour lui chuchoter à l’oreille. - Vais-je devoir attendre encore longtemps ? » s’impatienta Gwawl. Pwyll reprit contenance et dit : « Tu n’attendras pas davantage. Quoique cela me chagrine profondément, tu auras ce que tu demandes. » Il se leva alors et quitta la salle du festin. Gwawl s’esclaffa bruyamment et se vanta : « Assurément, on n’a jamais vu homme plus lent d’esprit que celui-ci. » Et il prit la place de Pwyll auprès de la belle Rhiannon, disant : « Que l’on serve mon festin de noces. Ce soir je dors avec mon épouse. »Mais avant que le festin n’ait pu être servit, un tumulte s‘éleva au fond de la salle. « Qui est cause d’un tel tapage ? demanda Gwawl. Amenez-le-moi, que je me charge de lui. » Et un homme vêtu de haillons misérables fut traîné devant lui. « Que viens-tu faire ici, gueux ? - Seigneur, j’ai affaire avec toi, répondit le malheureux. - Quelle affaire peux-tu avoir avec moi dont ne puisse se charger la pointe de ma botte ? - C’est une prière raisonnable, répondit le loqueteux. Tu peux facilement l’exaucer, si tu le veux : un petit sac de nourriture. Si je quémande, c’est uniquement par besoin. - Tu l’auras », répondit Gwawl, hautain. Avisant un petit sac de cuir à la ceinture de Rhiannon, il s’en empara. « Voici ton sac, fit-il en riant. Emplis-le à ta guise. » Le miséreux prit le sac et commença à le remplir. Mais peu importait ce qu’il pouvait y enfouir, le sac ne se remplissait pas pour autant. Gwawl fit un signe impatient à se serviteurs qui se levèrent et commencèrent à enfourner de la nourriture dans le petit sac, mais celui-ci restait toujours aussi vide. « Gueux, ton sac ne sera-t-il donc jamais plein ? s’emporta Gwawl. - Jamais, à moins qu’un seigneur ne se lève pour en tasser le contenu avec ses pieds et ne s’écrie : ‘C’est assez !’ - Fais-le, Gwawl, et tu en auras fini avec cette affaire, dit Rhiannon. - Avec joie, si cela peut me débarrasser de lui. »Gwawl se leva et mit les pieds dans le sac. Mais le mendiant tira celui-ci de façon que Gwawl tomba cul par-dessus tête à l’intérieur puis il ferma le sac et en serra les cordons. Ensuite il sortit de sous ses guenilles un cor dont il sonna. Aussitôt, une troupe de farouches guerriers entra dans la salle. Le mendiant rejeta ses haillons, et à sa place se dressa Pwyll Pen Annwfn. « À l’aide ! criait l’homme dans le sac. À quel jeu joue-tu donc ? - Au jeu du blaireau dans le sac », répondit Pwyll, sur quoi ses hommes se mirent à frapper le sac du pied et des poings. « Seigneur, dit Gwawl, si tu veux bien m’écouter, me tuer à l’intérieur de ce sac n’est pas une mort qui me convienne. »Hyfiadd Hen s’avança alors, fort chagriné, et déclara : « Il dit vrai, seigneur. Le tuer à l’intérieur d’un sac n’est pas une mort digne d’un homme. Ecoute-le. - Je l’écoute, dit Pwyll. - Alors je t’implore de faire la paix, dit Gwawl. Dicte tes conditions, je les accepterai. - Très bien, promets-moi de ne jamais chercher réparation ni vengeance pour ce qui t’es arrivé et ta punition prendra fin. - Je le promets, dit l’homme dans le sac. - J’accepte ta promesse », répondit Pwyll, et il appela ses hommes : « Faites-le sortir. »Là-dessus, Gwawl fut libéré du sac et il repartit pour son royaume. La salle fut alors apprêtée pour Pwyll comme précédemment et tous prirent place pour un magnifique festin de noces. Ils mangèrent et se divertirent puis, quand fut venue l’heure de dormir, Pwyll et Rhiannon gagnèrent le lit nuptial et passèrent la nuit dans le plaisir et la joie. Le lendemain, ils retournèrent à Caer Narbeth où le festin se poursuivit pendant sept jours en compagnie des meilleurs hommes et femmes de tout le royaume. Et personne ne repartit sans recevoir un présent particulier, qui une broche, qui un anneau, qui une pierre précieuse. Ainsi débuta le règne de Pwyll Pen Annwfn et de Rhiannon, belle entre les belles, et ainsi se termine cette branche du Mabinogi. Après ce conte, le silence s'était posé sur la communauté et même le soleil était parti de l'autre côté. Certains villageois s'étaient dormis, d'autre rêvaient d'un destin semblable. Lulu salua le prêtre et continua de grignoter en attendant Morgane, afin de celler le pacte !______________ [Excusez pour la longueur, mais je tenais à le mettre ^^ ce conte est tiré du cycle de Pendragon, donc pas compliement ^^ je n'y suis pour rien... - ça fait du bien de refaire un peu de RP ^^...merci d'avoir lu ce conte, si c'est le cas] _________________ ~ Aussi noire que soit la nuit, l'aube lui succède toujours ~ |
|  | | Celebrian Prêtresse de Donn


Nombre de messages: 333 Age: 19 Age du Perso: 38 ans Date d'inscription: 26/07/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Dim 29 Avr - 19:44 | |
| [HRP] Conte très agréable à lire, bonne idée de l'avoir mis là (moi j'ai bien aimé^^), ceci dit, je me permets de faire avancer ce banquet, question qu'on y soit plus à la St Patrick  [/HRP] Assise à la droite de Morgane, Celebrian assista à son départ avec une légère stupéfaction. La prêtresse de Morrigane partait-elle se préparer en vue du rituel, ou simplement avait-elle décidé de se reposer, alors qu’un événement totalement hors normes se préparait ? Celebrian, d’ordinaire si sûre d’elle-même et impassible, avait du mal à demeurer en place. La sérénité, le flegmatisme, le mystère et le calme qui la caractérisaient avaient été relégués dans une place secondaire de sa personne. Habituée à vivre en symbiose avec son dieu, Donn, elle ressentait dans sa chair l’excitation de la divinité. Le picotement qui traversait ses veines en feu était intolérable. Autour d’elle, peu semblaient être aussi affectés qu’elle de cet échange divin qui allait se produire. Les invités du banquet mangeaient tranquillement, comme inconscients de ce qui planait au-dessus de leurs têtes. Celebrian avala quelques bouchées pour honorer la tribu de Taranis, mais elle avait bien du mal à manger avec cœur. C’est alors qu’un barde s’avança, sans doute à l’instance de Lulu. Celebrian était friande de tous les récits que faisaient les bardes, malgré le fait qu’elle-même avait accès à toute une Histoire cachée, que lui avait transmise son dieu. Mais là, elle écouta d’une oreille plus que distraite le récit pourtant admirable de Pwyll, de son inestimable ami Arawn et de sa superbe épouse Rhiannon. Le barde était pourtant doté d’excellentes qualités oratoires, et elle aurait dû apprécier sa prestation, mais Donn la tenaillait trop. Une fois son récit terminé, Celebrian attendit encore quelques minutes avant de se lever d’un pas décidé et de quitter le banquet. Ce n’était pas un signe de colère, bien au contraire. La Prêtresse de Donn estimait qu’il était temps d’enfin débuter le rituel. Donn ne la laisserait pas tenir plus longtemps. Elle pénétra une tente au hasard, son dieu lui soufflant laquelle choisir pour être sûre de ne pas être dérangée. Lorsqu’elle avait ressenti l’appel, un peu plus tôt dans la journée, elle n’avait pas fait preuve d’assez de discernement pour deviner ce à quoi on la conviait. Ou plutôt, elle avait compris, mais elle n’avait pas accordé assez d’importance au fait. À présent, malgré les largesses de Donn, il lui semblait intolérable de se présenter à un rituel de cette importance sans un minimum de tenue. Celebrian sourit en pensant que ça allait sans doute la première fois que ses consoeurs et confrère la verraient en tenue rituelle, découverte de la tête aux pieds, sans capuche ni vêtements dissimulateurs. Donn n’avait jamais exigé de son élue une tenue particulière, et Celebrian s’était toujours présentée aux conseils entre Prêtres ou entre tribus en tenue normale pour elle. Elle allait donc avoir besoin de l’aide de son dieu pour s’habiller… Celebrian fit une profonde entaille dans son bras gauche. Le sang qui en jaillit fut d’abord rouge, puis rouge profond, ensuite, bordeaux, pour devenir noir. Elle tenait gracieusement son bras devant elle, comme en offrande. Le sang giclait, comme une fontaine, sur la terre meuble de Taranis. Quand la quantité offerte lui sembla suffisante, Celebrian stoppa son hémorragie. Les incantations qu’elle affectionnait tant passèrent sur ses lèvres et le sang versé prit forme éphémère. Le temps du rituel, son sang l’habillerait. Enlevant ses vêtements sans hâte, elle prit alors la robe qui s’étaient formée des résidus de son liquide vital. Noire comme l’ébène, la robe était bien l’œuvre du dieu de la mort. Longue, fendue et pourvue d’un généreux décolleté, elle rappelait la féminité de Celebrian. Pour ce qui était des bijoux, elle avait le nécessaire dans sa besace, et les objets consacrés par Donn ornèrent bien vite le cou et les poignets de la prêtresse. Pour compléter la beauté qu’elle comptait offrir aux dieux, elle trempa l’index et le majeur de chaque main dans les dernières gouttes de sang qui avaient coulé. Celebrian accomplissait un autre rituel éternel sur les Terres Celtiques. Le maquillage qui se faisait chez les Lumineux avec des textures inoffensives mais vives se pratiquait chez les Sombres au sang. Le visage de la jeune femme prit un air effrayant, dominateur, érudit et… mortel. La beauté qu’elle dégageait semblait réservée à sa divinité seule. De nombreux traits dessinés délicatement se mêlaient en de longs entrelacs sur son visage, ses bras et ses chevilles. Tu accordes l’importance qu’il faut à cette rencontre rarissime, ma fille…Le ton frondeur de Donn ne lui échappa pas. Le dieu était peu habitué à la voir mettre tant d’attention dans son apparence. Mais s’il avait jugé important de se synchroniser avec elle pour lui transmettre cela, pour établir ce lien qui faisait sa force avec elle maintenant, c’était qu’il était plus réjoui qu’il ne voulait bien le laisser supposer. Satisfaite de sa présentation et espérant que personne ne l’avait vue effectuer sa préparation, Celebrian sortit de la tente, laissant sa besace sans crainte dans un coin reculé. Elle savait que Donn veillerait à ce que personne n’y touche. Lorsqu’elle apparut à nouveau au banquet, les esprits de Taranis, Morrigane et Donn l’y avaient précédée. Tous gardaient le silence, et Morgane n’allait sans doute pas tarder à revenir. Celebrian s’avança au milieu des tables qui étaient disposées en U. Prenant son temps, elle traça un grand cercle au sol et marqua trois points à égale distance. Un pour le Prêtre ou Prêtresse de Taranis, un pour la Prêtresse de Morrigane, un pour la Prêtresse de Donn. En traçant d’autres symboles rituels, Celebrian se demanda sincèrement pourquoi Taranis permettait à deux de ses fidèles d’exercer la même charge. Elle aurait peut-être l’explication un jour… Quand elle eut terminé, celle qui symbolisait la mort et ses effrayants méandres se plaça à un des points, et prit la parole d’une voix forte et assurée : - Je personnifie Donn ce soir. À travers leurs élus, nos dieux vont s’unir. Si cette nuit nous est offerte, ici et maintenant, c’est pour assurer la pérennité de nos croyances, de nos peuples, de nos terres. L’Humain n’est pas Dieu, mais il peut participer au divin à condition de franchir les portes du mystère. J’invite donc les prêtres concernés à se joindre à moi dans ce cercle d’union. Que seuls ceux qui se savent prémunis contre les imprévus générés par l’incarnation des dieux s’avancent !Celebrian se permit un sourire, songeant que cela faisait maintenant de nombreuses années qu’elle en vivait, du mystère. Pourtant, ce qu’elle allait vivre ce soir serait sans précédent. Oui, sans aucun précédent dans l’histoire des Sombres… _________________  Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard... |
|  | | Morgane Chef / Prêtresse de Morrigan


Nombre de messages: 589 Age: 24 Age du Perso: 26 ans Date d'inscription: 16/07/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Dim 8 Juil - 14:23 | |
| Alors qu'elle s'éloignait, Morgane avait pu entendre le début de l'histoire contée par le barde, mais bien vite la voix n'était devenue plus qu'un murmure diffus, pour finir par s'éteindre lorsqu'elle pénétra dans la tente que Lulu lui avait laissée, à l'écart des festivités. Pourquoi ? Pourquoi Morrigan la punissait-elle ainsi ? Car c'était pour elle une punition de ne pouvoir assiter au Banquet des Trois divinités. Hélas, son ventre enflé avait maintenant atteint le stade de sept ou huit mois, elle ne le savait pas trop. La belle se sentait lourde, la tête lui tournait et elle fut bien vite obligée de s'aliter. Ses yeux se fermèrent, sans doute une forme de fatigue nerveuse, et elle s'endormit rapidement.
Quelques heures plus tard, la fête battait son plein et fut interrompue par un hurlement de douleur venant de la tente de la belle Morgane. Elle avait été réveillée en sursaut par une contraction plutôt violente et avait aussitôt compris. Elle était sur le point d'accoucher. Un cri de douleur était monté dans sa gorge et elle n'avait pu le retenir. Pour le moment, elle était là, allongée sur la paillasse qui lui servait de lit et semblait avoir perdu les eaux depuis peu. Le sang souillait sa couche, et elle s'était levée, sa déesse lui avait soufflé d'accoucher debout. Elle tenait à peine sur ses jambes tremblantes, son bas-ventre la brûlait comme l'enfer mais elle restait stoïque malgré la douleur.
C'était ainsi que la trouvèrent les villageois qui avaient accouru au bruit et au cri. |
|  | | Lulu Chef / Prêtresse de la Tribu de Taranis


Nombre de messages: 178 Age: 18 Age du Perso: 35 ans Date d'inscription: 13/09/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Jeu 13 Sep - 20:59 | |
| Le sang de Lulu battait la cadence. Le bruit sourd de son coeur ne lui permit pas d'entendre la fin du récit du barde. C'était pourtant l'un de ses récits préférés, connu depuis la nuit des temps. Qu'a cela ne tienne, il n'était pas le centre de cette soirée. Après que le conte soit terminé, Lulu se leva dans l'assemblée encore silencieuse. On entendait le craquement des torches et on pouvait sentir le fumet des braises nappées de graisse de porc. Elle alla remercier son barde et lui permit de se retirer. Elle le tenait haut placé dans son estime et sa santé était chose préoccupante. Elle ne dit pas un mot lorsque les deux prêtresses se retirèrent, sûrement pour se préparer. Son sang n'en battit que plus fort. Non, Taranis parlait peu avec ses disciples. Il se manifestait en pulsions guerrières et battements de coeur. Seuls les plus grands guerrier connaissaient son vrai langage. La fin du conte avait laissé les villageois rêveurs, mais bien vite, sachant les évènements à venir, beaucoup rentrèrent chez eux, rejoindre leur tendre aimée. Il fallait que ça soit une nuit inoubliable, pour chacun...et à la portée de chacun. Quoi qu'il en soit, Lulu ne fut pas si "ravie" du retour de Celebrian. Elle était étonnée que Morgane ne soit pas de retour, ainsi que l'impatience explicite de la prêtresse de Donn. Mais, après tout, elle lui pardonna. Le tonnerre granda, puis tout se passa très vite. Les nuages s'étaient rassemblés au dessus de leur tête et la nuit devint d'un noir d'encre. Les quelques torches encore allumées ne semblait plus éclairer que leur entourage direct. Il y eut un éclair, un cri, puis un autre cri. C'était un cri de trop. La craie s'arrêta de crisser, la voix se tût, et Lulu, doucement, se tourna vers l'endroit où était partie Morgane. Car l'un des cris venait de là bas. La Lune avait reprit sa place dans le ciel tandis que Lulu se précipitait vers la tente où Morgane se reposait. Hurlant sur quiconque était sur son chemin, elle eut vite fait de se frayer un passage à travers les quelques villageois qui s'étaient amassés devant la tente. Certains chuchotaient, d'autres riaient, mais ce qui était certain, c'était que Lulu avait refermé le rabat de la tente devant leur nez. [HRP : Cele, si tu veux me suivre, n'hésite pas ^_^, pareil pour Kriss /HRP] Stupeur et tremblements. L'émotion gagna bien vite la prêtresse de Taranis face à l'évènement si...inattendu. Morgane avait mis au monde un enfant après seulement quelques heures. Elle tenait dans ses mains tremblantes un enfant, son enfant. Se reprenant bien assez vite, Lulu attrappa un drap, le posa sur la couche et installa Morgane dessus. Elle semblait faible, et d'après la tache sur le tapis de jonc, elle avait perdu du sang. Il fallait donc qu'elle se repose. Morrigan avait donc eut ce qu'elle voulait, un enfant pour unifier le mal. Par la volonté de la déesse, dans les mystères voluptueux de Donn, la prêtresse avait mis au monde un enfant sur les sombres terres des guerriers de Taranis. Lulu prit donc un air solennel au mieux et tendit une paire de ciseaux à Morgane.
Avec cette naissance, il était certain que la cérémonie soit quelque peu retardée..._________________ ~ Aussi noire que soit la nuit, l'aube lui succède toujours ~ |
|  | | Celebrian Prêtresse de Donn


Nombre de messages: 333 Age: 19 Age du Perso: 38 ans Date d'inscription: 26/07/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Sam 15 Sep - 12:06 | |
| Celebrian se tenait à un des trois points vitaux de son incantation écrite. Et elle attendait. La Prêtresse de Donn vit Lulu se lever, prête à la rejoindre, puis elles entendirent des cris. Des cris ! Reconnaissables entre tous. Une vie, une vie Sombre venait de voir le jour en terre de Taranis. Lulu se précipita vers la tente de Morgane. Car impossible de demeurer dans l'erreur. Ces preuves d'existence ne pouvaient venir que de l'extraordinaire expérience que Morrigane faisait vivre à son élue. Celebrian ne se hâta pas tant. Mais elle sentit que la cérémonie serait repoussée de quelque temps. Pourtant, le feu qui coulait dans ses veines ne s'était pas apaisé. Donn réclamait plus, Donn voulait plus. Celebrian faillit pousser un cri de douleur, qu'elle retint à temps. À part l'autre prêtre de Taranis et les Champions, tous les habitants étaient partis. Elle était seule. La Prêtresse secoua ses boucles brunes. Heureusement qu'elle était là pour retarder le rituel... mais elle comprenait la préoccupation de ses consoeurs. Sans toutefois la pardonner tout à fait. Elle ferma les yeux, s'accroupit à hauteur du sol et prit une poignée de terre en main. Lentement, méthodiquement, gracieusement, Celebrian dispersa en trois fois la terre sur les sigles qu'elle avait tracés sur le sol, laissant une douce mélopée s'échapper de ses lèvres. Puis, elle se redressa. La cadence de son coeur avait encore accéléré. Donn... Elle ne tiendrait pas longtemps... Si le rituel ne reprenait pas, l'immense compte à rebours qu'elle venait d'enclencher lui prendrait sa vie, c'était certain. Pourtant, c'est de son pas lent et mesuré que Celebrian prit à son tour la direction de la tente de Morgane. Une fois n'est pas coutume, Celebrian ressentait aussi parfaitement les pulsions de Taranis et de Morrigane. Les trois divinités qui devaient fusionner étaient particulièrement ardentes, et toutes les sensations de Celebrian s'en retrouvaient exacerbées. Tentant de tempérer ce déploiement de sensations, la Prêtresse de Donn fut surprise de voir autant d'habitants et d'opportuns se presser devant la tente de Morgane. Une colère sans nom la prit tout de suite, sans doute à cause de l'influence exagérée de Taranis. Sans prendre le temps de réfléchir, elle s'élança dans les strates supérieures, mais pas à la rencontre de Donn, à la rencontre du contrôle des auras. Une aura noire, d'une ténèbre absolue, mortelle et occulte drapa la majesté de la Prêtresse de Donn. Ses yeux se révulsèrent légèrement en conséquence, mais cela ne l'empêcha pas de s'écrier d'une voix forte : - Vous ne voyez pas que vous gênez ? Partez !Les habitants ne le firent pas dire deux fois. Étouffés et oppressés par l'aura écrasante de la prêtresse, ils partirent sans demander leur rester, terrorisés pour les mois à venir. Essayant vaguement de calmer les palpitations qui se faisaient plus fortes de minute minute, Celebrian pénétra la tente. Un touchant tableau s'offrit alors à elle. Morgane tenait son enfant dans les bras, épuisée mais non inconsciente. Ses deux amies semblaient fières d'elles. Rien que ce sentiment arracha un sourire à la Prêtresse de Donn. Lulu, avec une remarquable efficacité, avait effectué tous les premiers soins. Le rituel pourrait donc reprendre d'ici peu. C'est en posant son regard sur le nouveau-né que Celebrian comprit quelque chose. Le souffle lui manqua. La cérémonie n'avait absolument pas été interrompue ! Au contraire, les signes qu'elle avait tracés sur le sol avaient hâté l'accouchement. La raison en était bien simple. L'union de Morrigane, Taranis et Donn à travers un enfant ! Mais à quel avenir était-il donc promis ? Il fallait consulter les augures au plus vite. Au coeur de cette nuit enflammée, Celebrian remercia une fois de plus son dieu. Mais elle sentait bien au bouillonnement de ses veines que seule la première partie du rituel était achevée. Donn nécessitait plus. Donn requérrait plus. Il ne pouvait se contenter de la naissance. La suite s'achèverait directement sur le corps de l'enfant. Et au vu de son importance, sa vie serait préservée. Celebrian fit alors un geste qu'elle n'avait jamais eu. Elle, la personne insensible et peu émotive, était émue aux entrailles. Elle s'approcha de Morgane, s'inclina brièvement et légèrement devant l'enfant, puis posa sa main sur son front. Récupérant un peu de sang de son maquillage traditionnel, elle le passa sur les lèvres de l'enfant et sur ses paupières. D'un ton ferme et sûr, elle s'exclama : - Donn étend sa marque sur toi. Puis, elle se recula et murmura, sentant que sa tête allait exploser si elles ne revenaient pas achever le rituel : - Nous nous devons de retourner à l'Union... avec l'enfant. Sentant l'inquiétude dans les yeux de Morgane, elle ajouta : - C'est sans danger pour lui. Puis, elle regarda à nouveau Lulu. La Prêtresse de Taranis ressentait-elle aussi Morrigane et Donn, comme elle-même percevait les trois ? La Trinité qu'ils adoraient semblait avoir aboli momentanément les limites habituelles marquées par les dieux. Mais en cette nuit de renouveau et de destin, qui aurait douté de l'indicible pouvoir dont étaient investis les Sombres ? _________________  Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard... |
|  | | Celebrian Prêtresse de Donn


Nombre de messages: 333 Age: 19 Age du Perso: 38 ans Date d'inscription: 26/07/2006
 | Sujet: Re: Le banquet Sam 15 Mar - 11:59 | |
| Celebrian regarda ses deux consoeurs. Le sang cognait méchamment ses tempes. Faisant fi de la douleur, elle demanda d’un ton normal à Morgane : - Quel est son nom ?Morgane la regarda dans les yeux. Il était encore trop tôt. Elle voulait un nom qui signifie l’accomplissement de ce qu’il était. Oui, l’Union des Trois. Le pouvoir qu’aurait ce simple nom était redoutable, et Morgane voulait le choisir avec soin, sous le souffle de Morrigane, de Donn et de Taranis. La Prêtresse de Morrigane rencontra les yeux de Lulu, puis de Celebrian. Un éclair de compréhension passa entre elles, mais c’est avec un air de défi qu’elle répliqua : - Il est l’Enfant. Son nom viendra. La Prêtresse de Taranis soupira, puis couva le nouveau-né d’un regard qu’elle savait inhabituel. Cette petite chose accrochée au sein de Morgane, pleine de vie et déjà de majesté, lui était précieuse. Mais au delà de ce lien qu’elle pressentait inévitable entre les trois prêtresses et l’Enfant, Lulu ne put s’empêcher de songer avec tristesse aux heures à venir. Elle les pressentait sombres, et savait que l’appui de Taranis ne serait pas de trop. Se laissant aller, Lulu faillit se mettre en colère, faisant preuve d’une de ses habituelles sautes d’humeur. Mais avant qu’elle ne dise quelque chose, Morgane fit l’effort de se lever, tenant précieusement contre elle l’Enfant qui avait été emmailloté. Celebrian n’en pouvait plus. Lorsqu’elle vit Morgane se lever, elle faillit pousser une exclamation d’exaspération, mais elle ne pouvait se permettre de presser son amie affaiblie. Mais que cette faiblesse humaine l’oppressait ! Elle-même ne serait jamais enceinte. Ou peut-être si, mais elle ne donnerait pas la vie. Et, bien que son mépris ne s’attache pas à ses semblables, Celebrian pressentait la dépendance déjà quasi-totale que Morgane avait vis-à-vis du petit être qui venait de venir chambouler pour toujours leurs trois vies. Quatre, avec celle de Killian. Dix mille, avec toutes les Terres des Sombres. Lulu n’était pas plus pressée que cela de finir le sacrifice, mais l’état hystérique de Celebrian lui fit comprendre que cela revêtait un aspect primordial pour elle. Proposant à Morgane de prendre appui sur elle, elle sortit derrière la Prêtresse de Donn, qui avait quitté la tente pour retourner sur les lieux du sacrifice. Celebrian était enfin de retour à l’endroit où elle avait laissé un peu de terre meuble, près du triangle rituel. Mais pas du tout dans les mêmes conditions. Les Trois Prêtresses avançaient d’une démarche lente, interminable, sans se presser, dans une procession qui forçait l’admiration. Les habitants qui s’étaient massés devant la tente de Morgane pendant l’accouchement, mus par une inspiration subite, s’étaient prosternés sur leur passage. Ils révéraient la puissance de Taranis, celle de Morrigane, celle de Donn, celle de l’Enfant. Morgane posa son enfant à terre, au centre des trois points auxquels les Prêtresses s’étaient installées. Puis, elle se recula, contempla son fils avec des yeux emplis d’amour et de fierté, eut un geste vers ses pleurs, mais renonça et dit d’une voix forte : - Entend la voix de ta fille, Morrigane ! Nous venons vers toi. Emplis-nous de ta Puissance…Celebrian jeta un regard éperdu de reconnaissance à la Prêtresse de Morrigane. Elle ne le comprendrait sans doute jamais, mais son intervention venait de sauver les dernières étincelles de vie qui subsistaient en elle. Quelques secondes de plus, et l’imperturbable Donn aurait pris la vie de sa plus fidèle Prêtresse en signe de protestation de l’interruption du rituel. Lulu prit rapidement le relais, s’élançant à son tour dans les prises de conscience et concentration nécessaires à l’invocation de Taranis. Elle s’écria à sa suite : - Entend la voix de ta fille, Taranis ! Nous croyons en toi. Emplis-nous de ta colère…Comme en réponse au cri de Lulu, le dieu de l’endroit déchaîna sa puissance. La Terre des Sombres était prête à accueillit le déferlement de force qui allait avoir lieu. Si quelqu’un avait osé détourner ses yeux du spectacle, peut-être aurait-il vu, caché dans la forêt avoisinante, un Champion Lumineux, qui n’avait rien à faire là, mais qui contemplait, fasciné et horrifié, l’énorme Union qui allait s’accomplir. S’interposer revenait au suicide, et il n’était pas assez fou pour se faire tuer alors qu’il perçait le plus grand secret des Sombres… Personne ne se retourna, et personne ne le vit. Mais il était là, au cœur de Taranis. Ce fut au tour de la Prêtresse de Donn. Elle tendit ses bras vers ses consoeurs, de manière à ce qu’elles se touchent du bout des doigts et dit d’une voix tonnante : - Entend la voix de ta fille, Donn ! Nous attendons ta venue. Emplis-nous de ton savoir…Là, ce fut l’accomplissement ultime de leurs invocations. Les trois femmes étaient perdues dans leurs formules de rituel et leurs tentatives de contrôle sur ce qui arrivait. Un immense fracas résonna, l’Ombre s’étendit sur les Terres. Les arbres des alentours s’étaient joint à l’ordre des Prêtresses, et leur âme même semblait s’être unie aux Trois. Sous leurs yeux émerveillés, le Banquet avait lieu. Taranis siégeait, maître du feu céleste, armé de son maillet et vêtu de sa plus belle armure. Nonchalamment installé, une coupe de vin à la main, il posait un bras hardi sur les cuisses de la superbe Morrigane, jeune femme d’une très grande beauté. Elle était à l’image même de ses pouvoirs : irréelle. Son rire perlé résonnait dans l’esprit de chacun, promesse de plaisirs charnels… Enfin, Donn, le maître du Cosmos, les regardant avec tendresse et sévérité, le Sombre par excellence, respecté et honoré. Autour d’eux, à leur service et buvant gaiement dans l’ivresse du Banquet, les esprit sylvains, qui avaient été ôté momentanément aux arbres, offraient un magnifique spectacle. Aussi soudainement qu’elle était apparue, la vision s’éteignit, dans un énorme flash de lumière aveuglante, crue et agressive, dont le centre fut… l’Enfant. Les Trois Prêtresses, dans un même mouvement, harmonieux et plein de féminité, se laissèrent aller à terre. C’était leur force vitale qui avait alimenté la vision et c’était leur vigueur qui avait permis à tout un chacun d’en prendre connaissance. Elles étaient vidées de toute énergie. Le premier geste de Morgane fut de prendre son enfant et de le serrer contre lui. Lulu se releva, au prix d’un énorme effort, voulant rester debout pour faire face à cette nouvelle ère qui s’ouvrait devant eux. La guerre arrivait, avec son lot de peines et de joies sauvages, elle le savait. C’était même une certitude. Et ses talents de stratège seraient bientôt utiles… Celebrian, elle, était au bord de la perte de conscience. Elle était déjà au seuil de la mort au début du rituel, et sa survie tenait plus du miracle divin que du possible. Elle n’avait plus la force de bouger ne serait-ce que le petit doigt. Elle resta au sol, incapable de faire un mouvement. Pourtant, l’expérience qu’elle venait de vivre s’était inscrite à jamais dans sa chair et dans son esprit. Les éléments se déchaînaient autour des terres de Taranis. Des éclairs, d’énormes nuages noirs, des vents violents, une pluie torrentielle, tout contribuait à la gloire des Sombres. Au milieu de tout cela, contre le sein maternel, l’Enfant. Morgane ne pouvait s’empêcher de penser au nom qu’elle lui donnerait. Elle regarda Celebrian, épuisée, tranquillement couchée sous le déchaînement climatique, indifférente, sans s’inquiéter de la pluie qui mouillait son visage, ni même de la nudité qui s’était emparée de son corps. Ses vêtements de sang avaient disparu, et elle aurait dû aller retrouver la tunique informe qu’elle portait d’habitude, mais elle était bien trop harassée. Morgane sourit. Elle repensa à Celebrian qui arrivait dans sa hutte, la sauvant d’une mort certaine. Elle se leva avec difficulté. C’était à son tour. Puis, elle rit franchement. Son choix n’était pas encore arrêté, mais le prénom de son fils ferait honneur à la Prêtresse de Donn… Ainsi s’achevait le Banquet. Fruit du hasard des désirs des Sombres, il devait transformer à jamais les Terres Celtiques. Car de là partait toute superstition, légende d’or pour les Sombres, fable maudite pour les Lumineux… Mais qui sait ? La balance divine demeure un mystère, et chaque côté tente de la faire pencher en sa faveur. Au milieu de la lutte, comment savoir qui sortira à la lueur des lendemains pour crier victoire ? _________________  Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard... |
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